Tombée de métier de la Tapisserie de Hayao Miyazaki, « La sieste de Mei et Totoro »

Nous y étions ! La tombée de métier de la plus grande tapisserie de Miyazaki et de la Cité internationale de la tapisserie !

La tapisserie est un art de tissage qui se confond volontiers avec le tissage de tissu. Bien que les métiers à tisser et les techniques soient totalement différentes, la tapisserie est un tissu spécifique, un tissu inégal, parce que ses fils de trames sont beaucoup plus nombreux que ses fils de chaîne au centimètre.

En tapisserie, on fait donc un tissu, on tisse bel et bien, mais on est une lissière (ou un lissier, eh oui, le féminin l’emporte dans ce métier), tandis que nous sommes des tisserands (et des tisserandes).

Une oeuvre monumentale

Du haut de ses 4,30 m et de ses 7,36 m de large, pour une surface de 31,5 m2, l’œuvre est la plus grande de la tenture consacrée à Hayao Miyazaki, et de l’histoire de la Cité. Elle a été tissée par l’Atelier A2 en collaboration avec les Just’lissières.

Le 17 juillet dernier, la dernière tapisserie de la tenture consacrée à Miyazaki, la cinquième et avant-dernière de la série, elle se démarque par une surface de 31 m2.

Un an et demi de tissage ont été nécessaire pour voir naître cette oeuvre où l’on distingue le personnage emblématique du créateur Japonais Hayao Miyazaki, Totoro et la petite Mei dormant sur son ventre.

Des émotions !

Ce moment fût riche en émotions ! Car, comme vous le savez (ou pas), les lissiers découvrent leur travail qu’à la tombée de métier, le travail à l’envers sur le métier à tisser ne permettant pas de voir l’ensemble de l’oeuvre.

C’est donc au bout de ces quinze mois de travail que les lissières ont pu voir l’ensemble de leur contribution à ce tissage.

Dans l’ordre, de gauche à droite, il y a Aurélie, Delphine (cartonnière), Aïko, Patricia et Margaux. Il manque certaines personnes, comme Nadia (teinture) et Florence qui elles aussi ont participé à ce tissage.

Des détails de la tapisserie

Dans le travail de tissage, on remarque des jeux de matières avec de la double chaîne mais aussi des jeux de textures avec l’apport d’un petit mohair bouclé pour le personnage de Totoro qui apporte une dimension supplémentaire à la douceur du personnage, son aspect rond et doux étant ses caractéristiques principales.

Les détails de la tapisserie

On peut voir dans les détails que l’oeuvre respecte les caractéristiques principales de la tapisserie d’Aubusson. Le jeu de profondeur est apporté par la maîtrise des couleurs, et en particulier des verts, qui est une couleur difficile à maîtriser. En effet, le vert peut, à l’instar d’autres couleurs, être chaud ou froid, tirer sur le jaune ou sur le bleu. On voit ici que le jeu de valeurs est primordial et que c’est lui qui donne à la tapisserie sa structure, le risque était de faire une tapisserie terne et sans vrai contraste.

Sur cette image, on voir bien le contraste coloré entre les verts tirant sur le jaune et les verts profonds qui donnent cet aspect de profondeur de la tapisserie. On remarque également les jeux de textures avec la double chaîne qui apporte un relief supplémentaire à la dimension plane de la tapisserie.


Reportage de Julie, membre de la Collégiale de TTF. Photos de Julie et Tissagerie.com

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