Nous souhaitons vous présenter ici les différentes techniques de tissage, à l’échelle du tisserand non industriel.
Aborder les techniques de tissage est un vaste sujet, car autour de la contrainte du concept d’entrelacer deux nappes de fils, les fils de chaîne et les fils de trame, il y a une multitude de techniques traditionnelles qui varient selon le matériel du tisserand, la matière qu’il utilise et ses choix artistiques.
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Le tissage de galons
La grande différence entre le tissage de toile et le tissage de galons (ou sangles) est que dans le second cas le tisserand, à chaque passage de la trame, serre l’ouvrage de manière à coller les fils de chaîne les uns contre les autres. Le fil de trame est ainsi invisible, les motifs sont créés pas les fils de chaîne. On obtient alors une sangle au lieu d’une toile.
La technique la plus simple de tissage de galons implique l’utilisation d’un peigne à galon appelé aussi peigne envergeur. Cette technique permet un tissage avec deux nappes de fils. En anglais on utilise le terme plain weave, littéralement toile simple.
L’utilisation du peigne à galon n’est pas indispensable, on peut aussi créer de petites lisses pour assurer la séparation des nappes de fils.
Cette technique permet cependant des méthodes de tissage plus complexes, telles le pick-up pratiqué par les Samí (Laponie) ou dans les pays Baltes, et l’andean pebble weave pratiqué en Amérique du Sud (tissage permettant des motifs en double face.)
La technique plus complexe du tissage aux tablettes permet un tissage avec quatre nappes de fils, et donc des motifs beaucoup plus élaborés. Cette technique remonte au moins au VIIIe siècle avant notre ère, au début de l’âge du fer en Europe, où on la trouve dans les régions utilisant le métier à tisser à pesons. Certains travaux d’archéologie semblent indiquer que les Égyptiens pratiquaient ce genre de tissage dès 4000 avant notre ère. Une écharpe tissée aux tablettes et attribuée à Ramses II est attestée au XIIIe siècle avant notre ère.
Après les Celtes de l’âge du fer, les Scandinaves (IVe au XIe siècle de notre ère) ont créé de véritables chefs-d’œuvre en tissage aux tablettes.
Aujourd’hui cette technique est encore pratiquée en Scandinavie, Finlande, Pays Baltes et en Asie (particulièrement en Indonésie)
Historiquement, cette technique a servi plusieurs objectifs :
- Créer des bandes de départ et/ou de lisière pour des textiles plus grands, tels que ceux produits sur le métier à tisser à pesons
- Tisser des bandes décoratives cousues ensuite sur des textiles existants
- Créer des sangles à usages divers.




